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Viv ansanm » : quand le slogan du candidat Wilner Joseph sonne comme un aveu

Le 27 septembre, à Pétion-Ville, Wilner Joseph a lancé la Plateforme Victoire en promettant la rupture. Devant les militants d’une cinquantaine de partis, le candidat à la présidence a lancé : « Si nou pa vle viv ansanm, n ap disparèt tankou yon bann idyo. » Dans un pays où « Viv Ansanm » est aussi le nom de la coalition de gangs qui contrôle une partie du territoire, la formule ne pouvait pas passer inaperçue. Elle a rapidement suscité des réactions et des interrogations.

Le hasard lexical ne prouve rien, mais il tombe mal, car M. Joseph traîne depuis longtemps des accusations de proximité avec des groupes armés. Candidat à la députation dans la 3e circonscription de Port-au-Prince, une zone déjà fortement touchée par la violence des gangs, il aurait, selon des citoyens interrogés, rencontré des groupes armés afin de faciliter le déroulement de sa campagne. Ces accusations n’ont pas été établies, et c’est précisément pour cela qu’elles exigent une réponse. Or, le candidat n’en a apporté aucune. Il n’a présenté ni plan de sécurisation ni position claire sur les gangs qui étranglent le pays, et il n’a rien dit de ses fréquentations passées.

Cette absence de réponse alimente le doute. Issu d’un quartier populaire confronté depuis des années à la présence de groupes armés, M. Joseph peut difficilement prétendre ignorer le poids de ces réalités. Comment un candidat accusé d’avoir négocié avec les gangs pour se faire élire pourrait-il les affronter une fois au pouvoir ? Le silence pèse ici plus lourd que le slogan.

Il reste le paradoxe central. La Plateforme Victoire, régulièrement décrite par ses rivales comme proche du pouvoir de Fils-Aimé, dit vouloir rompre avec une classe politique en place depuis plus de quarante ans. Les mêmes formules, le même entre-soi et les mêmes zones d’ombre laissent plutôt craindre la pérennisation du système qu’elle dénonce. Appeler les citoyens à s’inscrire auprès du CEP est un geste civique utile, mais il ne remplace ni un programme ni des explications sur ses relations passées.

La rédaction.

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